mercredi 5 juillet 2006

Campagne de sauvetage du Yet

Au mois de février, 100% des femelles Yet sont pleines de petits viables. Des campagnes de sensibilisation de l'Oceanium ont pour objectif d’inciter les pêcheurs artisans à remettre les bébés en mer.


La pêche du Yet est traditionnelle au Sénégal, sa chair, fermentée et séchée, est utilisée comme condiment dans la préparation du Tiep bou dièn, le plat national du pays. Jusqu’à la fin des années 70, la consommation du commerce local et quelques exportation vers les pays voisins se situaient aux environ 100 à 400 tonnes annuelles (Les statistiques manquent de précision, le yet, pêché localement ne faisait pas l’objet d’une attention particulière à cette époque).

Jusqu’au jour où... les marchés asiatiques découvrirent que la chair du mollusque pouvait constituer une alternative à celle de l’abalone, sorte de gros ormeau, pêché sur les côtes de Californie, d’Australie et d’Afrique du Sud. Jalousement protégé, objet de quotas draconiens dans ces pays, il atteint des prix très élevés, prés de 10 dollars au kilo.

La chair du Yet est achetée au Sénégal entre 50 et 200 CFA (0,7 à 0,30 €) le kilo ; elle atteint, après préparation 1600 CFA (congelée) à 7500 CFA (séchée) sur le marché chinois (2,4 à 11,4 €).

Dès les début des années 90, les tonnages pêchés se mirent à augmenter jusqu’à atteindre 7795 tonnes en 1996, puis retombèrent pour se stabiliser aux alentours de 5000 tonnes/an.

La pêche est pratiquée toute l'année, y compris les mois de janvier à mars, période qui voit la quasi totalité des femelles capturées porteuses de jeunes arrivés au terme de leur développement et prêts à être libérés. Suivant, les espèces et l'âge, le nombre de jeune varie de 10 à plus de 30 par femelle. Or, la proportion de femelles débarquées est en moyenne de 51 %. En janvier la proportion de femelles pleines est de 88%, ce taux atteint 100% en février et 90/95% en mars.

Les captures résultent de trois méthodes de pêche différentes :
  • Le filet de fond,
  • Le chalut (pêche accessoire du poisson),
  • La plongée, réalisée au début en apnée et aujourd'hui en scaphandre autonome.
Une fois débarqué, le Yet est collecté par les mareyeuses et rapidement préparé. La coquille est brisée et l’animal dépecé ; les jeunes, parfaitement viables, sont alors jetés sur la plage et meurent rapidement au soleil.

Afin de sauvegarder cette ressource halieutique, différentes campagnes de sensibilisation de l'Oceanium ont permis :
  • de sensibiliser les pêcheurs à la notion de gestion durable du stock,
  • de récolter plus de 10 000 signatures en faveur de l’arrêt de la pêche durant le mois de février,
  • la signature d’un arrêté interdisant cette pratique a été signé par le ministère de la pêche en 1998 et 1999,
  • le ramassage de plus de 70 000 bébés dont plus de 42 000 ont été remis à l’eau,
  • la réalisation d’un film sur ce sujet : "Nurkatou Yëtë", 1997.